Je revois une enfant silencieuse 

que le printemps enchantait déjà d’un bonheur sauvage,

GOYO DOMINGUEZ

d’une triste et mystérieuse joie…

Une enfant prisonnière, le jour, dans une école,

et qui échangeait des jouets, des images 

contre les premiers bouquets de violettes des bois,

noués d’un coton rouge,

rapportés par les petites bergères 

des fermes environnantes…

Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues,

et violettes d’un blanc bleu veiné de nacre mauve 

– violettes de coucou anémiques et larges,

qui haussent sur de longues tiges 

leurs pâles corolles inodores…

 

Violettes de février, fleuries sous la neige,

déchiquetées, roussies de gel,

laideronnes, pauvresses parfumées…

 

Ô violettes de mon enfance !

 

Vous montez devant moi,

toutes, vous treillagez le ciel laiteux d’avril,

et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre… 

Colette

 

lunamiangel: “(vía We Heart It) ”

Bonne journée

 

bises

Mija